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Le monde des casinos

Le monde des casinos et des cercles de jeux est devenu très transparent.
les chevaux ont existé dans le pays avant que l'on ait songé à les faire courir, les loteries sont apparues ensuite, avant la FDJ, et les casinos sont arrivés les bons derniers et ont même failli totalement disparaître avant que l'autorisation d'exploiter les machines à sous (bandits manchots ou slot machines) ne les sauve du désastre.
Il faut ajouter qu'à peine un ministre de l'intérieur (M. Charles Pasqua) les avait-il autorisées, qu'un autre (M. Pierre Joxe) a souhaité les « éradiquer » sans y parvenir.
Disons tout de suite que la situation dans les cercles de jeux, parisiens ou provinciaux, ne suscite ni critiques ni inquiétudes particulières.
La situation est bien différente dans le monde des casinos
où il
nous faudra examiner successivement les modifications importantes qui se sont produites dans les structures mêmes des groupes et des syndicats.
Ces établissements ont connu et surtout vont connaître des évolutions de leur fonctionnement interne qui les inquiètent par leur importance.
Il faudra surtout consacrer du temps à étudier en quoi internet perturbe les casinos. Certains y voient, à tort ou à raison, un chantier indispensable à leur développement, auquel l'Etat refuse systématiquement l'accès.
Remises en causes, périls, et conflits rendent le sujet particulièrement difficile à traiter. Par rapport aux situations étudiées en 2002, l'évolution est très préoccupante et ce malgré quelques avancées récentes du côté de l'Etat.
Enfin, la Commission supérieure des jeux retiendra notre attention. Critiquée par certains opérateurs et des auteurs de rapports, elle donne pourtant sans doute satisfaction au ministère de l'intérieur qui suit toujours ses avis mais elle rencontre, faute d'orientations et de consignes précises de la part des pouvoirs publics, des difficultés considérables et croissantes à remplir sa tâche dans un domaine turbulent et menacé.
Tout ceci reste préoccupant s'agissant d'un secteur économique très important qui intéresse autant l'activité ludique nationale que le tourisme et les finances de l'Etat.



Evolution

EVOLUTION DES STRUCTURES INTERNES DE LA PROFESSION

Un nombre croissant de casinos

Le « creux de vague » a été atteint à la fin des années 1980, avec des difficultés économiques et des fermetures administratives dues à l'arrivée, dans le capital social des casinos, de personnages ou de fonds douteux attirés par la perspective d'une autorisation des machines à sous.




 

Plus 46 %

Le nombre d'établissements a augmenté de 46 % entre 1985 et 2006.



tableau

Année  1969  1985  1991  1999  2000  2001  2002  2003  2004  2005  2006 
Casinos  155  135  132  160  170  173  176  180  186  190  196 


Le réseau français

Au 30 septembre 2006: 196 casinos autorisés, 192 ouverts.

Source :
sous-direction des libertés publiques

Le réseau français est resté le premier européen devant celui de la Grande-Bretagne, deuxième mondial derrière les Etats-Unis d'Amérique.
En parts de marché européen, la France est largement en tête.



Groupes

La situation des groupes en 2001
Fin 2001, il existait 173 casinos, huit groupes principaux, quelques petits groupes et des casinos indépendants de moins en moins nombreux



  Groupe  Casinos  Chiffre d'affaires en millions d'euros  Parts de Marché 
Partouche  26  254,8  19,1% 
Européenne de casinos  18  233,9  8,8% 
Tranchant  16  124,8  8,5% 
Accor  14  119,8  10,1% 
Lucien Barriére  13  96,0  16,7% 
  Didot Bottin      4,5% 
  Emeraude      2,2% 
  Total des groupes      74% 
  Casinos indépendants      25,9% 


Croissance rapide

La croissance rapide des groupes a réduit proportionnellement la part des casinos indépendants :
ceux-ci, en 1996, réalisaient 85 % du produit brut des jeux (PBJ) ;
en 2002, 10,24 % et en 2005, 9,28 %.
En 1985, il y avait 13 groupes ;
en 2001, 8 possédant 110 casinos et 70 % du PBJ.
En 2005 les indépendants étaient 26 avec 1.965 machines à sous et 259,4 millions d'euros de PBJ.
- Accor casinos affirmait son appétit d'acquisitions de petits casinos ;
- Moliflor, renforcé par son absorption (46,4 millions d'euros) par le groupe Prudential et son adossement à Bank of Scotland et aux fonds de pension britanniques, n'a pas poursuivi sa politique d'expansion des années 1999-2003 ;
- Georges Tranchant procédait à des acquisitions ;
- La SHC Deauville de Lucien Barrière abandonnait (provisoirement) les échanges de participation avec Accor Casinos qui possédait, en 2000, 35 % de son capital.
D'importantes opérations pourraient alors être envisagées avec Européenne de casinos, Accor, Moliflor et Tranchant, dans un climat euphorique, sous-tendu par les résultats exceptionnels des casinos.



Ouverture et entrées

Evolution de l'exploitation : jours d'ouverture et entrées
Le rythme d'activité {en jours d'ouvertures) tend à s'accroître mais le nombre des entrées s'est effrité en 2003 et 2005.



Rytme d'activité des casinos

Saison  Jours d'exploitation  Evolution  Entrées  Evolution 
2001/2002  63 208    61.808.729   
2002/2003  65 028  +2,88%  61.268.186  -0,92% 
2003/2004  67 457  +3,8%  63.426.316  +3,5% 
2004/2005  68 995  +2,26%  62.235.948  -1,4% 


depuis 1991

Evolution du PBJ total des casinos
L'évolution du PBJ total des casinos a été la suivante depuis 1991





PBJ Produit Brut des Jeux

Pour un PBJ en croissance de + 3,68 %.



Produit Brut des Jeux

  PBJ en millions d'euros  Evolution en pourcentage 
1991  392,9   
1992  512,3  +30,4 
1993  678,8  +32,5 
1994  860,7  +26,8 
1995  1.051,3  +22,1 
1996  1.244,8  +18,4 
1997  1.409,7  +13,2 
1998  1.644,3  +16,6 
1999  1.830,6  +11,3 
2000  2.056,2  +12,3 
2001  2.278,3  +10,8 
2002  2.456,8  +7,8 
2003  2.546,8  +3,7 
2004  2.613,2  +2,6 
2005  2.647,8  +1,3 


Taux de croissance

L'inquiétude que pourrait susciter, à première vue, la baisse (spectaculaire) des taux de croissance d'une année sur l'autre doit être nuancée.
Pour augmenter le PBJ de 1992 de 30,4%, il fallait 119,4 millions d'euros de plus. Le point d'augmentation valait 3,92 millions d'euros.
Mais, en 2003 (+ 2,6 %, soit 66,4 millions d'euros), le point d'augmentation représentait 25,46 millions d'euros, c'est-à-dire 6,5 fois plus.
Tous ces chiffres sont donnés en euros courants.





Descente « aux enfers ».

Evolution du produit brut des jeux par type de jeux
les machines à sous accroissent leur écrasante domination, tandis que les jeux traditionnels continuent leur descente « aux enfers ».

Le problème lancinant des jeux traditionnels et des pourboires

a) Le déclin des jeux de table
Les jeux de table, souvent appelés «jeux traditionnels», ont vécu depuis vingt ou trente ans une désaffection considérable.
De nombreux facteurs ont contribué à leur marginalisation :
- l'amenuisement d'une clientèle étrangère sans doute peu nombreuse mais très joueuse et générant d'importants chiffres d'affaires,
- le droit de timbre stupidement dissuasif de l'Etat exigé aux entrées,
- mais surtout le « tsunami » des machines à sous.
Une espèce forte supplante toujours une espèce plus faible : ce qui se passe pour les fourmis se produit ici pour les jeux.
En 1991, les jeux de table traditionnels (JT) représentaient 50,8 % du PBJ total.
En 2004, avec 13 % de baisse en absolu et en euros courants (!), ils n'en représentent plus que 6,4 %.



Petite embellie

A la dégradation constante de 1991 à 1997, a succédé une petite embellie jusqu'en 2002, que la reprise de la baisse a vite fait oublier.
Dans les dispositions du protocole signé en 2006 par l'Etat et l'ensemble des casinos, le droit de timbre a été supprimé en échange de l'instauration d'un contrôle des identités aux entrées en novembre 2006.

La mixité des jeux, c'est-à-dire la permission, puisqu'il y a ce contrôle, d'installer des machines à sous (MAS) dans les salles de jeux traditionnels et inversement, peut rompre l'isolement, préjudiciable à la découverte et à la fréquentation de ces jeux, que l'irruption des machines à sous dans les établissements a provoqué.
Il y a là un réel espoir de voir les jeux de table (JT) remonter la pente : deux expériences de mixité dans de petits casinos nouveaux semblent avoir été concluantes dans ce domaine.
Mais il faudra, pour gagner ce pari, beaucoup de travail, de bons aménagements des locaux et des efforts intelligents de promotion de ces chefs d'œuvre en péril.
De tous les casinos, seul celui d'Enghien-les-Bains affiche des résultats remarquables1 en matière de jeux de table. Sa position de seul « casino de fait de Paris », « ville interdite » à ces établissements, lui a conféré une situation exceptionnelle récemment bonifiée par une dotation de machines à sous dont il était jusqu'ici privé.
b) La baisse des pourboires
Depuis 1988, la baisse des pourboires versés au personnel par les clients des tables de jeux traditionnels a été continuelle, comme le montre le tableau ci-après, sauf pour une courte période 1997-2001.
Mais dès 2001, on assiste à un véritable effondrement de - 46,3 % en 4 ans, en partie expliqué par la suppression des JT dans 15 casinos.
1 PBJ 2003 total : 11,7 millions d'euros - PBJ des JT : 44,2 millions d'euros (37%) -PBJ réel des mas : 72,8 millions d'euros (62%). Par comparaison, le PBJ du casino de Luz Saint Louis durant l'exercice 2002-2003 n'était que de 70.905 euros.



Le déclin des jeux de table

  PBJ total  Evolution en pourcentage  PBJ des JT  Evolution en pourcentage 
1991  392,9    200,2   
1992  512,3  +30,4  178,4  -10,9 
1993  678,8  +32,5  170,7  -4,3 
1994  860,7  +26,8  168,0  -1,6 
1995  1.051,3  +22,1  157,3  -6,4 
1996  1.244,8  +18,4  155,2  -1,3 
1997  1.409,7  +13,2  153,1  -1,4 
1998  1.644,3  +16,6  173,5  +13,3 
1999  1.830,6  +11,3  175,3  +1,0 
2000  2.056,2  +12,3  183,2  +4,5 
2001  2.278,3  +10,8  189,8  +3,6 
2002  2.456,8  +7,8  207,0  +9,1 
2003  2.546,8  +3,7  181,7  -12,2 
2004  2.613,2  +2,6  174,3  -4,1 
2005  2.647,8  +1,33  171,7  -0,76 


Evolution des pourboires

Evolution des pourboires aux tables de jeux traditionnels



Evolution des pourboires aux tables de jeux tradit 



Evolution des pourboires

Saison  Pourboires  Evolution en pourcentage  Ratio Pourboires/PBJ en pourcentage 
1987/1988  75,5  +16,7  41,60 
1988/1989  75,0  -4,50  38,90 
1989/1990  72,7  -3,10  35,50 
1990/1991  71,3  -1,90  35,20 
1991/1992  67,9  -4,80  37,60 
1992/1993  60,1  -10,20  35,70 
1993/1994  58,9  -13,26  35,07 
1994/1995  53,7  -11,86  35,04 
1995/1996  51,7  -12,16  33,35 
1996/1997  49,8  -3,70  32,56 
1997/1998  50,9  +2,35  29,40 
1998/1999  51,3  +0,79  29,31 
1999/2000  57,3  +11,57  31,30 
2000/2001  58,3  +1,76  30,74 
2001/2002  56,0  -3,88  27,10 
2002/2003  45,5  -18,33  26,50 
2003/2004  41,0  -9,89  24,76 
2004/2005  34,3  -16,21  21,47 


Gravité de la baisse

Pour bien comprendre la gravité de la baisse observée, parallèle à la désaffection pour ces jeux que les casinotiers déplorent depuis déjà quelques années, il faut savoir que les pourboires sont à la base de la rémunération des employés des salles de jeux. Ceci concerne 25 % des salaires et 3.300 personnes.
Pour les directions des casinos l'effondrement des pourboires signifie immédiatement des revendications pressantes de la part du personnel afin que le casino remplace par des salaires ce qui était apporté par les pourboires.
Comme l'Etat ne change pas d'attitude et continue à exiger que chaque casino mette en place ou conserve ses jeux de table, même si les salles sont désertes et que le personnel tourne en rond en plein désœuvrement, c'est bien rétablissement qui doit payer pour des salles vides.



Les emplois

Les emplois dans les casinos
La croissance des effectifs est nette mais doit être relativisée

Evolution des effectifs des casinos de 1998 à 2006



Evolution des effectifs

  Casinos  Salariés  Salarié/casino 
1998  160  12.600  78,8 
2006  195  15.800  81,0 
1998/2006  +21,9%  +26%  +2,8% 
En moyenne sur un an    +3,25%   


accroissement de 3,2 %

Le tableau ci-avant appelle les commentaires suivants :
-l'augmentation des effectifs est la conséquence directe et quasi exclusive de l'augmentation du nombre des casinos ;
-passer en huit ans de 12.600 à 15.800 salariés ne représente qu'un accroissement de 3,2 % par an toutes causes confondues ;

- la très faible augmentation du nombre de salariés par établissement ne cadre pas avec les promesses, faites par tous les casinos lors de leurs demandes d'extension de leur parc de machines à sous, selon lesquelles, « avec 50 MAS (ou 100, ou 20) je créerai x emplois supplémentaires »... !
Compte tenu des trois pôles de l'activité des casinos (jeux + restauration + animation) le nombre total d'emplois directs concernés doit être réévalué à 15.800 pour les jeux +6.000, pour l'hôtellerie et la restauration, soit 20.400.
Le syndicat des casinos de France évalue emplois directs et indirects à 50.000.
b) Les problèmes sociaux du personnel
Le très gros problème social, intérieur aux établissements, lié à la baisse régulière des pourboires versés au personnel par les joueurs, vient d'être évoqué.
Cette baisse est en partie elle-même liée - on l'a vu - à la défaveur dont souffrent les jeux de table auprès de la clientèle.
Cette baisse sera-t-elle jugulée par la nouvelle dynamique escomptée de la mixité des jeux dans les salles, rendue possible et autorisée par la mise en service du contrôle aux entrées ?
A la fin de 2004, un conflit social a éclaté dans un secteur peu accoutumé à ces difficultés, avec menace de grève pour la nuit de la Saint Sylvestre, traduisant le profond malaise des employés (pour des raisons non seulement de rémunérations, mais aussi de conditions de travail : horaires, etc).
Un retour au calme serait opportun, la pratique d'une politique régulière de prévention du jeu excessif au sein des casinos ayant absolument besoin de la motivation du personnel.



Craintes de la profession

Les insatisfactions et les craintes de la profession



Classés par ordre d'importance, les motifs d'insatisfactions et de crainte des casinos sont les suivants, la question du caractère excessif de la fiscalité qui leur est imposée ayant déjà été traitée plus haut.
- De très nombreuses modernisations sont indispensables.
- Les exigences des maires deviennent souvent exorbitantes.
- Les conséquences du contrôle aux entrées pourraient être très lourdes.
- La concurrence des cyber-casinos se fait plus menaçante (ce problème sera traité dans un autre chapitre).
Le protocole d'accord signé entre le ministère de l'intérieur et les casinos à l'été 2006, met en place un contrôle total aux entrées des établissements, absolument indispensable, et toute une série de mesures d'accompagnement qui satisfont une autre partie des demandes des casinos.
a) Les réformes qui se font attendre
Pour les casinotiers, de très nombreuses réformes sont nécessaires. Ils réclament que :
- les procédures et les dossiers de demande d'extension de jeux ou de renouvellement des autorisations soient simplifiés ;



Propositions



- l'informatisation de certains documents de pratique courante soit autorisée (registres encore manuels, etc.) ;
- les modernisations en cours soient parachevées ;
- l'accepteur de billets (Bill accepter : qui remplace la comptée des jetons et pièces des MAS) puisse être largement utilisé1, à l'exclusion des Players traitor, très onéreux, qui ne respectent pas la confidentialité de certaines données relatives aux joueurs ;
- un seul caissier pour les jeux de table ;
- l'autorisation de différents procédés (tokénisation, cashless, Ticket in, et jackpot multisites) ;
- davantage de libertés pour les actions commerciales ;
- un élargissement des possibilités de polyvalence dans le personnel, à l'exclusion, bien sûr, de ceux des bars, restaurants et entretien ;
- le remplacement des chefs de partie par un MCD (membre du comité de direction) ;
- davantage de libertés sur les transformations techniques.
b) Les exigences sans cesse accrues des maires
Les opérateurs des casinos sont unanimes à considérer que les maires exigent de plus en plus de choses coûteuses, soit à la signature des cahiers des charges lors d'une création de casino, ou lors des appels d'offres pour les renouvellements de concessions, soit tout simplement en cours de contrat et à tout instant.
Le syndicat des casinos modernes de France a demandé, en 2005, à l'Etat, de prendre des dispositions pour que les prélèvements des communes ne puissent pas dépasser les 15 % légaux car, suite aux injonctions des chambres régionales des comptes intimant aux maires d'appeler toujours ce taux plafond, celui-ci a été depuis considéré comme un taux plancher.
En conséquence, les communes imposent de plus en plus de versements sur le chiffre d'affaire global, ou sur le produit net, au profit de leurs activités culturelles, sportives ou associatives.
D'autre part, faut-il rappeler que la loi Sapin2 prévoit que : « les conventions de délégation de service public - y compris celles conclues avec les casinos - ne peuvent contenir de clauses par lesquelles le délégataire prend à sa charge l'exécution de services ou de paiements étrangers à l'objet de la délégation ».
Force est de constater que certaines clauses des cahiers des charges, et certaines pressions exercées par les communes, sont parfaitement incompatibles avec cette prescription de la loi.
c) Les conséquences du contrôle aux entrées des casinos
Les casinotiers sont apparemment satisfaits du protocole signé en juillet 2006 avec le ministre de l'intérieur (voir encadré) ; ils en attendent diverses améliorations, jusqu'ici refusées, du fonctionnement intérieur des salles de machines à sous, une meilleure accessibilité aux machines, peut être, grâce à la mixité dans les salles, des tables et des MAS, une renaissance des jeux de table traditionnels.
Mais ils redoutent véritablement la mise en place du contrôle aux entrées, susceptible, selon eux, de provoquer une baisse des chiffres d'affaires de Tordre de 10 à 15%.



Historique

Le vocable vient de l'italien « casa » et c'est à Venise en 1626 qu'est né le principe des casinos.

De cette « maison », le décret de 1959 dit que ce doit être « un établissement comportant trois activités distinctes : spectacle, restauration et jeux, réunies sous une direction unique sans qu'aucune d'elles puisse être affermée ».

Avant que ne naisse en France cette définition lapidaire (et qui pèse encore lourdement, on le verra plus loin, sur la gestion actuelle des établissements), les jeux, qu'ils soient ou non intéressés, ont existé de par le monde et de toute antiquité sous des formes plus ou moins primitives.

L'empire romain légiféra le premier pour pouvoir frapper les tenanciers (et non les joueurs) coupables « d'abjection ».

Pour ne traiter que de la France faute de temps et de place, la Royauté française, par la suite, se perdit (comme l'actuelle administration républicaine) en arrêtés successifs visant à marginaliser, sinon à supprimer, les établissements.

Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle que le jeu fut légalisé -pour les nobles seulement-, restant banni pour le peuple !

La Révolution française toléra totalement le jeu tout en le proscrivant pudiquement dans les textes !

La véritable innovation est due à un décret de 1806 qui permit au Préfet de police de délivrer des autorisations dérogatoires pour les stations balnéaires et « pour les lieux où il existe des eaux minérales, pendant la saison des eaux seule et pour la Ville de Paris ».




 

cylindre 13 noir

La France des casinos

En juillet 2000 on comptait 176 casinos en France, dont 169 en métropole et 7 Outre mer : trois à La Réunion, deux à la Guadeloupe et deux à la Martinique.

Avec cet effectif, la France est le premier casinotier (en nombre de casinos) d'Europe devant la Grande-Bretagne, mais n'est plus, depuis quelques années, le premier marché des jeux.

Leur répartition est relativement homogène au sein des parties du territoire métropolitain concernées. En effet, des critères très restrictifs ont pesé, depuis le début, sur leurs implantations : limitation aux stations thermales, balnéaires et climatiques.

Nul doute que l'innovation récente introduite par l'amendement Chaban Delmas, qui autorise les créations de casinos dans les villes de plus de 500.000 habitants, modifiera profondément la carte actuelle avec la création de Lyon-Hilton (Partouche), celle prévue à Bordeaux (Accor), celles étudiées ailleurs, etc.

Pour cette répartition, qui intéresse l'aménagement du territoire, on note ainsi que 56 départements de métropole seulement sur 95 bénéficient d'une ou plusieurs implantations tandis que 49 en sont privés.

Le département des Alpes-Maritimes vient en tête avec 10 casinos, suivi par le Calvados (8), la Seine-Maritime (8), l'Hérault (7) et les Pyrénées Orientales (7), etc.

Les communes de ces départements ne s'en plaignent sûrement pas.




 

Casino Carry le rouet

Les indépendants

Avant que l'évolution ne pousse à la création et à la croissance des groupes de casinos qui composent le nouveau paysage d'aujourd'hui fait d'absorptions, de prises de participation, de grands investissements en France et à l'étranger, le panorama français des casinos était fait de toute une série d'établissements appartenant pour l'essentiel à des sociétés familiales.

Ces casinos indépendants étaient encore majoritaires en 1996.; à cette date, ils réalisaient 85 % du produit brut des jeux (PBJ).

Quatre ans plus tard, 80 % du PBJ étaient réalisés par les groupes.

De nos jours, les casinos indépendants sont minoritaires, ils sont encore familiaux, mais aussi municipaux, voire gérés par des Sociétés d'économie mixte et ne maîtrisent plus que 25,9 % du marché.




 

Casino Vittel

Les groupes

En 2002 la France dispose de 170 casinos dont les deux tiers sont détenus par 8 groupes.

Au début de leur constitution, les groupes étaient relativement nombreux.

En 1985, il en existait 13.

En 2001, les groupes sont au nombre de huit et exploitent plus de 110 casinos, soit près de 70 %9(*).

Les groupes classés par nombre de casinos gérés (en 2002)

1° Groupe Partouche 26 casinos Pdg Isidore Partouche

2° Européenne de casinos 18 casinos Pdg André der Krikorian

3° Groupe Tranchant 16 casinos Pdg Georges Tranchant

5° Accor Casinos 14 casinos Pdg Joël Mingsson

4° Groupe Barrière 13 casinos Pdg Dominique Desseigne

Les groupes classés par le Chiffre d'affaires (1998)

1° Groupe Partouche 1 671 900 000 F

2° Groupe Barrière 1 534 800 000 F

3° Groupe Tranchant 819 300 000 F

4° Européenne de Casinos 785 900 000 F

5° Accor Casinos10(*) 630 300 000 F

Les groupes classés en parts de marché (1998 - 1999)

1° Groupe Partouche 19,1 %

2° Groupe Barrière 16,7 %

3° Accor Casinos 10,1 %

4° Européenne Casinos 8,8 %

5° Groupe Tranchant 8,5 %

6° Didot Bottin 4,5 %

7° Moliflor 4,5 %

8° Emeraude 2,2 %

Total de parts de marché des groupes 74 %

Total de parts de marché des indépendants 25,9 %




 

Sous-valorisation boursiere ?

La cotation en bourse est l'apanage des groupes qui possèdent seuls les capacités financières pour ces opération.

Eux seuls sont capables, sur le marché financier, de mener à bien de grosses créations -en particulier dans les grandes villes- celle réalisée à Lyon ou celles évoquées à Bordeaux, à Lille ou Toulouse- ou de forts investissements à l'étranger, tout en continuant à absorber chaque année quelques casinos français indépendants.

Pour être opérationnels à ce niveau, cinq ou six leaders sont donc entrés en bourse avec, il faut bien le dire, des fortunes diverses en 2000 et début 2001.

Il est un peu surprenant de constater que leurs cotations reflètent assez mal leurs excellents résultats financiers, et qu'en particulier la forte progression en 2000 du PBJ de tous les groupes n' a pas coïncidé avec des parcours brillants en bourse, comme si le Palais Brognard voulait mettre quelques temps en observation ces nouveaux venus .

La COB a pris plus de neuf mois pour accepter l'entrée en bourse sur le second marché de l'un des plus grand groupes et a rejeté sa première demande en 1998 d'accès au premier marché.

Pour Accor-Casinos « ce défaut de valorisation provient du manque de lisibilité de l'avenir de la profession ».

Il donne l'exemple des difficultés du casino de Dax qui a coûté 45 MF d'investissements pour une concession de 18 ans, mais qui n'a toujours obtenu que 30 des machines à sous sur les 85 qu'il a demandées au départ; l'équilibre de ce casino n'est toujours pas en vue pour cette raison.

Le président-directeur général du groupe Tranchant est du même avis quand il évoque le sort du casino de Cagnes-sur-Mer.

Pour l'Européenne de casinos, également, cette sous-valorisation vient des incertitudes citées plus haut et, en 2000,de la flambée des marchés pour les valeurs du Net.

Ce groupe, en mars 2000, a émis 512.800 obligations convertibles pour 50 millions d'Euros afin de réorganiser sa dette existante ; il en attend une baisse de ses frais financiers et une économie de 1,52 MF par an

Cette opération montre bien les marges d'action considérables dont disposent certains groupes français.




 

Investissements à l'étranger

Cette tiédeur de la bourse surprend d'autant plus que les groupes investissent énormément.

Ainsi le groupe Partouche, en novembre 2000, a investi 130 MF dans la rénovation de l'établissement de bain d'Aix-en-Provence pour en faire, début 2001, le plus grand casino du groupe.

Cet investissement suit ceux de 1998 et 1999 (587 MF) de 2000 (300 MF) alors que la prévision pour 2001 est de 300 MF.

Au cours de ces deux dernières années, Isidore Partouche et son équipe ont créé ou repris huit établissements parmi lesquels : Lyon (Hilton), Port Barcares, Gruissan, la Bourboule, le Mont Dore.

Les groupes sont très présents à l'étranger.

Partouche est implanté à Bucarest, San Roque (E), en Belgique, Tunisie et au Maroc.

L'Européenne de casinos possède six casinos : à Prague (Hilton), Saxon (Suisse ), Spa, Chaudfontaine et Ostende (Belgique), ainsi qu'à Reno (Etats-Unis).

Accor-Casinos est implanté à Malte.

Barrière à Montreux, etc.




 

Genéve

Syndicalisme



Il existe deux syndicats de casinos :

· Le syndicat des casinos de France : 80 adhérents dont les groupes Barrière et Tranchant plus quelques casinos indépendants.
Présidente : Mme Schwoerer.

· Le syndicat des casinos modernes de France composé du groupe Partouche, plus quelques casinos indépendants.
Président : M. Benhamou.

· Quarante-six casinos sur 170, dont ceux des groupes de l'Européenne de casinos et Moliflor sont restés hors syndicats.

La cause la plus importante de cette division est la virulence de la compétition qui oppose les groupes entre eux et plus particulièrement les groupes Partouche et Barrière. Mais il ne faut pas sous-estimer les séquelles des manoeuvres de débauchage de personnel qui se sont produites, par le passé, quand tel ou tel casino voulait d'urgence compléter ses effectifs devant l'expansion des établissements.

En effet, cette profession n'a aucune école, aucune structure de formation des personnels et la tentation est grande de se servir en personnel chez le voisin.

Pour votre rapporteur, les conséquences les plus défavorables de cette dispersion sont au nombre de deux.

Tout d'abord, il y a incontestablement un déficit de représentativité pour cette profession.

De plus, cette situation est nettement préjudiciable aux intérêts de l'ensemble d'une profession qui doit gérer son évolution interne, faire face à la concurrence étrangère et présenter aux pouvoirs publics une structure cohérente, car il n'existe pas vraiment de dialogue digne de ce nom à l'heure actuelle entre les casinos et leur tutelle.

Comment les casinos se feraient ils entendre puisqu'ils ne s'entendent pas entre eux ?

Or, leurs griefs sont nombreux à l'encontre de l'Etat et si certains sont mineurs, beaucoup reflètent des préoccupations réelles.

En face, le ministère de l'intérieur, héritier de la très longue histoire d'un pouvoir totalement régalien, se comporte en rigoureux protecteur d'un ordre établi par un Etat soucieux de la morale publique et de ses intérêts financiers.

Quand on parle avec les hauts fonctionnaires d'Etat en charge de ce difficile secteur, ils ne manquent pas de rappeler que dans la réglementation il existe différentes voies de recours contre les avis de la CSJ ou les décisions du ministre.

« Certes » répondent les casinos mais ils ajoutent qu'aucun d'entre eux ne se risquerait à les mettre en oeuvre car « on ne contrarie pas une autorité devant laquelle les casinos sont contraints de repasser tous les 5 ans pour obtenir le renouvellement de leurs autorisations ! ».

L'administration répond à son tour que, « face à la compétence discrétionnaire du ministre, peu de contentieux et de recours étaient possibles jusqu'ici mais que, demain, il existera une probabilité de plus en plus large d'aller devant le tribunal administratif ».

Le lecteur appréciera sans aucun doute ce « dialogue » à fleuret mouchetés, révélateur d'un rapport de force peu propice à une bonne concertation.

Aujourd'hui, confrontés aux profonds changements internes qui affectent le profession, les syndicats étudient l'adaptation de leurs statuts : le syndicat des casinos de France a commencé la sienne.




 

Le code vestimentaire au casino

la Commission des Jeux

Renseignements généraux

Règlementation des Jeux





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