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Travail de nuit
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RYTHME BIOLOGIQUE
L'homme survit moins longtemps à la privation de sommeil qu'à la privation de nourriture. Conséquences générales du travail de nuit de nature physiologique et psychologique
Remarques fondamentales sur le rythme biologique, le sommeil et l'état de veille, le travail et la fatigue.
Rythme biologique
Le rythme biologique est l'une des conditions fondamentales pour les organismes vivants. Le rythme le plus approprié pour l'homme est celui que l'on nomme le rythme "circadien" (de circa et de dies = jour).
Le rythme circadien régit les principaux processus biologiques (température, tension, fréquence des pulsations, activité cérébrale, respiration, métabolisme, équilibre hormonal).
Dans le cas normal d'activité diurne et de repos nocturne, la plupart de ces processus physiologiques connaissent une activité maximale durant la journée et minimale durant la nuit.
Il est certain que le corps est "actif" durant la journée, et "inactif" durant la nuit. Le rythme circadien apparaît chez l'animal avec l'alternance de la clarté et de l'obscurité.
Chez l'homme, il se crée, selon l'avis unanime des savants, par suite de l'activité sociale entre l'homme et son environnement.
(Si la majorité des humains dormaient pendant la journée et exerçaient leur activité durant la nuit, le travailleur de nuit verrait son rythme circadien se modifier, par suite des changements intervenant dans ses contacts sociaux, et ne connaîtrait pas les difficultés dont nous parlons plus loin).
L'homme survit moins longtemps à la privation de sommeil qu'à la privation de nourriture.
Conséquences générales du travail de nuit de nature physiologique et psychologique Le fait de travailler la nuit et de dormir la journée entraîne deux sortes de fatigue:
-a) La fatigue qui résulte du fait que le corps travaille pendant une période où les capacités physiques sont réduites.
-b) La fatigue qui résulte de la nécessité de dormir pendant la période d'activité du corps. Ceci accroît le problème du sommeil diurne, qui n'est pas suffisamment réparateur.
Par conséquent, le travail de nuit est toujours plus fatigant que le travail de jour (à raison de la même durée de travail).
Le sommeil diurne du travailleur de nuit est toujours plus court que le sommeil nocturne. Plus le sommeil commence tard, plus il est bref. (La raison "interne" est le rythe circadien. Il existe également des raisons "externes", telles que la lumière, le bruit de la rue, les enfants etc.) Le sommeil diurne est non seulement plus court, mais aussi souvent interrompu. Les travailleurs de nuit sont par conséquent plus facilement surmenés et ne commencent jamais leur travail en étant aussi reposés que les travailleurs diurnes.
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Trouble de l'appareil digestif
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Conséquences médicales et pathologiques Troubles de l'appareil digestif
Le travail de nuit exercé de façon permanente interrompt le rythme circadien normal de l'alimentation. Il en résulte un accroissement de a fréquence d'affections gastro-intestinales eb particulier des gastrites ou des ulcères à l'estomac et au duodenum.
Affections nerveuses
II a été constaté que le 65% environ des maladies nerveuses apparaissent chez les travailleurs de nuit (contre 25% chez les travailleurs de jour) Nous avons déjà dit que le surmenage du travailleur de nuit résultait d'une part, d'une qualité le sommeil inférieure et d'autre part, de la nécessité de travailler pendant que le corps est dans sa période inactive.
Ce sont essentiellement les troubles du sommeil qui conduisent a de graves perturbations de l'ensemble du métabolisme et de 1 équilibre hormonal.
Parmi les formes, les plus caractéristiques du "syndrome du travail de nuit" figurent la lassitude, le manque d'appétit le manque de concentration; la sensation de "bien-être général''' est très inférieure. La personne qui travaille de nuit de manière permanente est donc atteinte, soit d'ulcères gastriques, soit du "syndrome du travailleur de nuit".
Conséquences pour la vie familiale et sociale
Interruption de la vie familiale
La vie familiale, qui offre des possibilités considérables de repos dans une atmosphère agréable, fait le plus souvent défaut chez les travailleurs de nuit- Au contraire, la vie familiale du travailleur de nuit est le plus souvent à l'origine d'un fardeau supplémentaire en raison de nombeuses tensions, car le travailleurs de nuit doit, soit :
-adapter le rytme diurne de sa famille au sien
-adapter le rythme de sa famille
-vivre pour ou moins de manière indépendante et par conséquent, isolée.
Dans un cas comme dans l'autre, il en résulte des difficultés au niveau de 1 organisation des repas, du ménage, de la garde des enfants etc., des difficultés au niveau des rôles dans l'équilibre psychologique de la vie familiale et des difficultés dans la vie sociale.
Constitution du système social formel et informel
64% des travailleurs de nuit ont un champ social restreint (peu d amis.. ). Il leur est également plus difficile de participer a des activités sociales formelles (associations, partis activités culturelles etc.). Le travailleur de nuit ne peut être intègre a ces activités, ou alors, de manière incomplète
Résume
Les conséquences psychologiques et sociologiques du travail de nuit ont des repercussions évidentes sur la vie intérieure Les difficultés de la vie familiale en particulier, sont vécues manifestement comme une expérience désagréable La vie familiale du travailleur de nuit joue par conséquent un rôle particulier dans son équilibre psychologique.
La situation des employés de jeu
1. Tous les faits énoncés dans la partie générale du document s appliquent aux employé(e)s des casinos. Les employé(e)s de casino doivent effectuer leur travail principalement pendant la nuit. Tous les éléments cites en tant que conséquences du travail de nuit dans le domaine médical, psychologique et familial peuvent être absolument confirmés par des diagnostics ou par des examens sur ces employés. Le nombre et la fréquence des maladies correspondent aux chiffres cités pour les travailleurs de nuit et par équipes.
2. Un autre élément de fatigue au niveau psychologique et social resuite des déplacements fréquents et par là, d'une modification permanente du champ des groupes sociaux de référence.
3- une autre charge supplémentaire, particulieère, provient de la nature du travail effectue par les croupiers.
Nous avons examiné la charge de travail des croupiers à la boule. Dans ce but,, une mesure appropriée nous a paru être le nombre de signaux critiques" par heure. Un signal critique est un signal auquel l'opérateur doit réagir, il existe également des signaux neutres, des signaux non-critiques, des signaux complémentaires. Selon le Prof. Schmidtke (expert scientifique du travail), la prestation optimale est produite lors d'une fréquence de signaux critiques d'environ 300 par heure Si cette fréquence est largement dépassée, l'opérateur se'trouve
manifestement en situation de surmenage. Nous nous sommes bornes a mesurer les signaux critiques. Nous avons observé huit croupiers a des moments différents; en cela, de manière analogue aux études précédentes, des activités différentes.
n'ont été comptées que comme un seul signal; par ex. l'instruction: "le cinq et les deux numéros voisins" suivie par les réactions consécutives du croupier - il doit répéter l'instruction du joueur, encaisser le paiement du jeton ou faire du change et conserver le jeton et placer 5 jetons sur la table de jeu aux numéros indiqués. Ces observations, conduites sur un croupier à la boule, révèlent une fréquence de signaux critiques de 164 à 226 par quart d'heure (ce qui équivaut à une charge horaire d'environ 700 - 900 (!) signaux critiques.De plus, comme les croupiers ne doivent faire aucune erreur (puisqu'il s'agit ici d'un service où ils (elles) manipulent de l'argent d'autrui). on constate facilement combien sa tension doit être importante, pour pouvoir maîtriser cette surcharge.
Il n'existe à notre connaissance aucun métier comparable, dans lequel il s'agisse de maîtriser des exigences particulières de ce type, auxquelles vient encore s'ajouter la charge du travail de nuit. Si cela est néammoins possible, c'est que les employés de ce métier ont fait l'objet d'une sélection extrêmement rigoureuse, associée à des motivations particulières, qui leur permettent de répondre sans faire d'erreur aux 800 signaux critiques.
Les faits présentés ici, la charge de travail maximale, spécifique subie par les croupiers, potentialisée par le travail de nuit, montrent que ces efforts ne peuvent être accomplis qu'au prix d'un dépassement permanent des capacités de travail au niveau physique et psychique et de ce fait, au prix d'une usure prématurée des capacités et de la santé, et d'une diminution de leur substance physique.
Ce surmenage est responsable du fait que les employés de jeu ne prennent pas leur retraite lorsqu'ils atteignent 65 ans, mais bien des années avant. Dans le même contexte, on constate également un net accroissement de départs à la retraite par suite d'incapacité professionnelle.
De toute façon, on peut en déduire qu'une charge de travail de 32 heures par semaine constitue le maximum supportable que l'on puisse exiger des employés de jeux, si l'on ne veut pas mettre gravement en danger leur santé physique, psychique et sociale.
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